La controverse anti-Keynes après le Traité de Versailles

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J. M. Keynes est-il co-responsable de l’aveuglement des nations euro­péennes ? De Munich ? Voire de la mon­tée du nazisme ? Tel est en tout cas le pro­cès que cer­tains libé­raux fran­çais vont inten­ter à par­tir de 1946 à l’é­co­no­miste bri­tan­nique, pré­sent lors des négo­cia­tions du Traité de Versailles.

Les Conséquences éco­no­miques de la paix de John Maynard Keynes, publié dès 1919, sou­ligne les suites funestes que le Traité de Versailles devrait avoir non seule­ment pour l’Allemagne, mais pour l’a­ve­nir éco­no­mique de l’Europe. A ce titre, il va cris­tal­li­ser la décep­tion res­sen­tie par ses contem­po­rains, et déclen­cher l’hos­ti­li­té de nom­breux éco­no­mistes libé­raux fran­çais, parmi les­quels Etienne Mantoux.

En 1919, deux phi­lo­so­phies s’opposent : la phi­lo­so­phie majo­ri­taire, presque una­nime, consiste à dire qu’il faut sol­der les comptes de la guerre, c’est-à-dire cal­cu­ler son coût et faire payer l’Allemagne. Pour pur­ger le passé. De l’autre côté, la posi­tion de Keynes, qui s’exprime aussi en France avec Charles Gide et Charles Rist notam­ment, et qui consiste à dire qu’après la guerre vient la paix, et que par consé­quent la ques­tion est com­ment pré­pa­rer les condi­tions du retour à une éco­no­mie de paix ? Est-ce que cette ques­tion des dettes inter­al­liées ne risque pas de plom­ber le retour à une éco­no­mie de paix ? Cette posi­tion, si elle est mino­ri­taire, était très forte pour­tant, pas seule­ment d’un point du vue moral – regar­der vers l’avenir – mais aussi d’un point de vue éco­no­mique : elle disait qu’il était impos­sible de remettre l’économie occi­den­tale sur le che­min de la paix en impo­sant des répa­ra­tions aussi lourdes à l’Allemagne.

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