Rousseau : Du Contrat social

Temps de lec­ture : 3 minutes

Le Contrat Social de Rousseau, dont le titre com­plet est Du contrat social ou Principes du droit poli­tique (1762) est une ana­lyse de la rela­tion contrac­tuelle pour tout gou­ver­ne­ment légi­time, de telle sorte que soient arti­cu­lés les prin­cipes de jus­tice et d’utilité, afin de conci­lier l’aspiration au bon­heur avec la sou­mis­sion à l’intérêt géné­ral. Il s’agit de l’ouvrage majeur de Jean-Jacques Rousseau, au coeur de sa philosophie.

Rousseau y exprime son idéal répu­bli­cain en quatre parties :

  • Renonciation à nos droits natu­rels au pro­fit de l’Etat, qui, par sa pro­tec­tion, conci­lie­ra l’égalité et la liberté
  • Le peuple tout-puissant sau­ve­garde, par le tru­che­ment d’un légis­la­teur, le bien-être géné­ral contre les grou­pe­ments d’intérêts
  • La démo­cra­tie doit main­te­nir sa pure­té par des assem­blées législatives
  • Création d’une reli­gion d’Etat, ou reli­gion civile.

Analyse du Contrat Social

Rousseau et la justice

Selon Rousseau, la jus­tice ne peut pas se défi­nir comme « le droit du plus fort ». Si la jus­tice était ainsi, les indi­vi­dus les plus puis­sants seront tou­jours les plus justes. La jus­tice chez Rousseau consiste en l’harmonie des actes indi­vi­duels avec l’autorité civile. Mais les indi­vi­dus ne sont contraints à agir que si l’autorité est légitime.

Afin de se pro­té­ger et de pro­té­ger leurs biens, les per­sonnes s’accordent sur une rela­tion contrac­tuelle par laquelle les indi­vi­dus s’engagent à accep­ter diverses fonc­tions et obli­ga­tions en échange des avan­tages offerts par la coopé­ra­tion sociale.

Rousseau et la volonté générale

Chaque indi­vi­du peut avoir une volon­té par­ti­cu­lière dif­fé­rente de la volon­té géné­rale, mais dans le cadre du contrat, la volon­té par­ti­cu­lière peut être contrainte de se sou­mettre à la volon­té géné­rale. La volon­té géné­rale n’équivaut pas à la volon­té de tous les indi­vi­dus, car ce n’est pas la somme de tous les inté­rêts par­ti­cu­liers. La volon­té géné­rale ne peut en effet être une somme des volon­tés indi­vi­duelles dans la mesure où leur but est oppo­sé, la pre­mière étant ins­pi­rée par le bien commun.

La sou­ve­rai­ne­té est la volon­té géné­rale. Ce sou­ve­rain s’incarne dans le corps poli­tique. La sou­ve­rai­ne­té, selon Rousseau, est inalié­nable et indi­vi­sible, en ce sens une répu­blique qui divise sa sou­ve­rai­ne­té n’est plus une répu­blique et ne peut plus repré­sen­ter l’intérêt public.

Afin de lut­ter contre des groupes d’individus vou­lant acca­pa­rer la volon­té géné­rale et la détour­ner à leur pro­fit, Rousseau a ima­gi­né de créer une ins­ti­tu­tion uni­que­ment orien­tée vers le bien com­mun : c’est le Législateur.

Rousseau uti­lise le terme de « République » pour dési­gner toute socié­té régie par la loi ou qui est gou­ver­née par la volon­té géné­rale de son peuple. Un droit civil est un acte de la volon­té géné­rale, selon Rousseau, et la volon­té géné­rale doit être obéie par tous. Ainsi, l’obéissance à la loi civile est requise pour tous les indi­vi­dus par les termes du contrat social. Toutefois, l’institution du gou­ver­ne­ment n’est pas un contrat, mais un acte de la volon­té générale.

En consé­quence du contrat social, les lois civiles sont déci­dées par un vote majo­ri­taire des magis­trats qui sont élus pour repré­sen­ter le peuple. La mino­ri­té qui s’oppose à la volon­té de la majo­ri­té doit accep­ter tous les actes de la volon­té géné­rale, et il ne peut pas refu­ser de se sou­mettre à la volon­té géné­rale, sans vio­ler les termes du contrat.

Le contrat social implique un aban­don total et incon­di­tion­nel par chaque indi­vi­du de ses propres droits natu­rels afin d’obtenir les droits asso­ciés à la citoyen­ne­té. Il n’est pas néces­saire pour le pou­voir sou­ve­rain de garan­tir la liber­té civile et les droits juri­diques de ses sujets, parce que ses inté­rêts sont iden­tiques à ceux du peuple. Si quelqu’un refuse de se confor­mer à la volon­té géné­rale, le citoyen peut alors être forcé à se confor­mer par le corps poli­tique : c’est le sens du fameux pas­sage dans lequel Rousseau affirme que le citoyen peut être « forcé d’être libre ».

Malgré tout, Rousseau avait conscience que la per­fec­tion du régime démo­cra­tique rele­vait d’un idéal politique.

S’il y avait un peuple de dieux, il se gou­ver­ne­rait démo­cra­ti­que­ment. Un gou­ver­ne­ment si par­fait ne convient pas à des hommes […] Il n’a jamais exis­té de véri­table démo­cra­tie et il n’en exis­te­ra jamais”.

laphi​lo​so​phie​.com

Pour en savoir plus sur Jean-Jacques Rousseau : http://​ana​ly​ses​lit​te​raires​.com/​a​n​a​l​y​s​e​s​/​v​i​e​w​f​o​r​u​m​.​p​h​p​?f=373

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