Sahel : inondations en terre sèche

Temps de lec­ture : 2 minutes

Du Sénégal au Soudan, les scènes d’inondations rava­geuses se mul­ti­plient ces der­nières années. Mais face à l’explosion démo­gra­phique des villes afri­caines, la néces­si­té de loger la popu­la­tion passe sou­vent devant celle de ména­ger des espaces verts.

Leur bilan a été par­ti­cu­liè­re­ment tra­gique cet été au Niger, où au moins 35 per­sonnes sont mortes par noyade ou dans l’effondrement de leur mai­son. Mais mal­gré la dra­ma­tique répé­ti­tion de ces catas­trophes sur la période récente, leur anti­ci­pa­tion par les auto­ri­tés locales reste faible. De fait, depuis les grandes séche­resses des années 1970 et 1980, les pays du Sahel sont davan­tage pré­oc­cu­pés par un poten­tiel manque d’eau que par un excès de précipitation. 

Si l’impératif d’adaptation à ce nou­veau régime cli­ma­tique ne fait pas de doute, sa décli­nai­son au niveau local pré­sente de nom­breuses dif­fi­cul­tés. Car face à l’explosion démo­gra­phique des villes afri­caines, la néces­si­té de loger la popu­la­tion passe sou­vent devant celle de ména­ger des espaces verts per­met­tant aux pré­ci­pi­ta­tions de s’infiltrer, au lieu d’inonder des zones habitées.

Comment les popu­la­tions du Sahel font-elles face à ces épi­sodes de pluies extrêmes ? Dans quelle mesure leurs effets pourraient-ils être amoin­dris par des poli­tiques d’aménagements spé­ci­fiques ? Au-delà des inon­da­tions urbaines, quelles sont les consé­quences de ce nou­veau régime cli­ma­tique sur les zones rurales et les cultures ? 

Au Sénégal dans des villes comme Dakar, on hérite d’une situa­tion très sèche datant des années 1980. Les gens se sont ins­tal­lés dans des endroits où il ne pleut jamais, et main­te­nant que la pluie reprend depuis une quin­zaine d’années, des quar­tiers sont inon­dés alors qu’ils ne l’avaient jamais été. L’installation des popu­la­tions n’est pas adap­tée au cli­mat actuel. Benjamin Sultan

On a des méca­nismes d’imperméabilisation dans les villes à causes des construc­tions, et dans le cas du Niger une zone agri­cole où les sols se sont encroû­tés et où la végé­ta­tion a dis­pa­ru, favo­ri­sant un ruis­sel­le­ment plus intense. Ainsi on ne peut pas abor­der les ques­tions d’inondations par une seule entrée : il faut tou­jours avoir un œil sur la ques­tion cli­ma­tique et un œil sur la ques­tion d’usage des terres. Thierry Lebel

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